Un GPS pour les poumons : la navigation électromagnétique endobronchique

24/02/2025

Exclusivité wallonne. Le CHU UCL Namur est désormais le premier hôpital en Wallonie à disposer, sur son site hospitalier de Godinne, d’un système de navigation électromagnétique endobronchique permettant d’évaluer et de réaliser des prélèvements de nodules/lésions pulmonaires périphériques. Cet outil permet d’améliorer le diagnostic précoce du cancer du poumon.

L’enjeu du diagnostic précoce

La mortalité liée au cancer du poumon est en grande partie liée à un diagnostic tardif, à un stade avancé. Le diagnostic précoce est un facteur essentiel pour améliorer le pronostic du cancer pulmonaire et permettre ainsi, notamment, une prise en charge chirurgicale, qui reste le meilleur gage de guérison. Si les lésions suspectes sont souvent identifiées par la radiographie ou le scanner, leur petite taille ou leur localisation complexe limite l’efficacité des biopsies conventionnelles. De plus, les prélèvements par voie transpariétale (à travers la paroi thoracique) exposent à des risques accrus de complications, comme le pneumothorax ou l’hémorragie. D’où l’importance de nouvelles approches diagnostiques avec potentiellement moins de risque de complications lorsque les techniques classiques trouvent leur limite.

Les principes de la navigation électromagnétique endobronchique

C’est pour ces raisons que des techniques endobronchiques permettant une évaluation de ces lésions pulmonaires par les voies naturelles ont été développées. Elles sont moins invasives que les biopsies transpariétales et associées à un risque moindre de complications.

La navigation électromagnétique endobronchique a, quant à elle, été développée pour atteindre des nodules pulmonaires périphériques inaccessibles par endoscopie traditionnelle. Grâce à un champ électromagnétique et à la reconstruction en 3D de l’arbre bronchique à partir d’un scanner thoracique, cette technologie guide précisément un endoscope et un cathéter de navigation, offrant une approche semblable à un GPS.

Un arbre bronchique 3D virtuel est ainsi reconstruit grâce à des images de scanner thoracique préalablement enregistrées. Le nodule à atteindre est marqué, le système informatique reconstruit et programme l’itinéraire vers le nodule.

Sous anesthésie générale, l’opérateur superpose en temps réel l’image virtuelle à la bronchoscopie réelle pour diriger le cathéter jusqu’à la cible. Une fois atteinte, des outils de prélèvement (pince à biopsie, aiguille de ponction, sonde de cryobiopsie) peuvent être introduits via le cathéter.

Outre le diagnostic, cette technique permet aussi une approche de ciblage thérapeutique. Au cours de la même anesthésie, on peut ainsi marquer la lésion qui peut faire dans un second temps l’objet d’une résection chirurgicale. Ce marquage est réalisé par injection de colorant ou mise en place d’un coil (repère métallique radio-opaque) dans ou à proximité de la lésion. Ceci facilite son repérage par le chirurgien et sa résection lors de l’intervention et peut permettre des résections plus limitées de poumon quand elles sont indiquées.

Et demain ?

Des techniques de traitement des tumeurs par voie endoscopique sont en cours de développement. Elles seraient en particulier utiles pour les patients ne pouvant pas être opérés ou ne pouvant pas bénéficier de radiothérapie en raison de leur fragilité ou de radiothérapie antérieure par exemple.

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